Moi, c’que j’en pense : Paul Auster

Moi c’que j’en pense ou comment se donner la permission d’être encore plus subjectif que d’habitude. Pour le lancement de cette rubrique, j’ai trouvé évident de m’atteler à cet auteur que j’affectionne particulièrement : Paul Auster.
Vous connaissez Woody Allen ? Le petit blanc bec américain immigré juif hyperactif ?
Je ne vous apprend pas son insatiable attrait pour Manhattan, à tel point que le faire sortir de cette presqu’île est une prouesse, et ses rares excursions en territoire étranger se résument souvent à l’Europe ?
Pont de Brooklyn

Bon, alors pour Paul Auster c’est quasiment la même chose, mais lui c’est Brooklyn.
Avec de petites tendances à s’aventurer dans les proches états plus verdoyants, le Vermont par exemple. Mais l’essentiel de ses nœuds dramatiques a pour décor Brooklyn.
Il faut forcément en parler.
Plus qu’un décor, ce borough joue un rôle sous-jacent de l’histoire et des personnages qu’il abrite, faisant déteindre sur eux une tranquillité qu’on a aucun mal a sentir. On pense à des rues aérées, des bâtiments colorés, irréguliers, symbolique présence de vie même dans le minéral, on pense aussi à des commerces petits par la taille, en résistance à l’autre Amérique, celle des Wallmart et des Harveys, tenus par des passionnés, libraires, galeristes, épiciers.
Un peu comme chez Woody Allen, on ne ressent ni stress ni angoisse ; c’est d’ailleurs ce qui me marque le plus chez ces deux zigues. Alors d’aucuns diront que si on ne fait pas un minimum dans son froc, ce n’est que de la gélatine pour adolescente, moi j’aurais tendance à trouver ça franchement classe que de se plonger dans une histoire où on sait que l’auteur ne va pas s’appuyer sur d’obscures techniques narratives pour soutenir une histoire en mal de sens. Toute romance a son suspense du moment qu’on en ignore l’épilogue.
Ces derniers temps j’ai pu me délecter de la belle prose de Paul Auster avec quatre ouvrages assez hétérogènes : La Musique du Hasard, Brooklyn Follies, La Cité de Verre, et Léviathan. Je dois avouer qu’à terme je finirai sûrement par confondre les intrigues et personnages respectifs de ces œuvres, mais chacune à son truc.
Moi c’que j’en pense c’est que cette simplicité qu’on trouve dans l’articulation, dans la respiration du récit transforme la lecture en un moment de conscience : je n’ai pas eu l’impression que l’auteur me parlait, par contre c’est évident qu’il m’a écrit et qu’il faut que je lui réponde !…
Cette simplicité a valeur d’émulation, elle pousse en douceur à prendre la plume à son tour, et puisqu’il y est si souvent question d’un auteur à la recherche de l’inspiration, je me sens aujourd’hui à la place d’un de ceux-là, non pas en quête d’une histoire à raconter mais bien en passe de raconter la mienne. A suivre…
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