Milan Kundera, L’Insoutenable Légèreté de l’Être – Idées et réflexions – 1ère partie

Plongé dans la lecture de cet incontournable de la littérature tchèque, j’adopte une prise de note buissonnière au gré du vent et du beau, et retranscris ici quelques unes des traversées lumineuses rencontrées au hasard des pages … (1ère partie)

Kundera, l'Insoutenable Légèreté de l'Être, Picasso "nature morte"
L’Éternel Retour
Dans la théorie de Nietzsche sur le retour éternel (répétition à l’infini de tous les évènements de l’Histoire), chaque détail devient incontournable et offre une nouvelle lecture des éléments. Une seule Révolution Française véhicule une idée héroïque, romantique, démocratique. Une RF répétée à l’infini, et on serait moins fier d’un Robespierre qui coupait des têtes à tout le monde ! Mais le tout est léger car on parle d’une chose qui ne reviendra pas, jouissant même de circonstances atténuantes grâce à sa fugacité. Un monde fondé sur l’inexistence de retour est un monde où tout est pardonné d’avance et tout y est cyniquement permis.
Kundera, l'Insoutenable Légèreté de l'Être, Picasso "nature morte"
Lourd / léger
Si chaque seconde de notre vie doit se répéter à l’infini, chaque geste porte alors le poids d’une insoutenable responsabilité. L’Éternel Retour est alors le Lourd Fardeau. Sur cette toile de fond, nos vies peuvent dès alors apparaître dans toute leur splendide légèreté. Mais la pesanteur est-elle vraiment atroce et belle la légèreté ?
Dans la poésie, la femme désire la lourdeur du fardeau du corps du mâle, ce qui selon elle, rend la vie plus vraie, plus réelle, plus proche de la Terre.  A l’inverse, l’absence de fardeau rend l’être humain plus léger, le fait s’envoler et s’éloigner de la Terre. Alors que choisir : lourd ou léger ?
Kundera, l'Insoutenable Légèreté de l'Être, Picasso "nature morte"
Premier jet, inexpérience
L’Homme ne peut jamais savoir ce qu’il doit vouloir, car il n’a qu’une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures, ni la rectifier dans des vies ultérieures. Tout est vécu tout de suite et sans préparation, un peu comme si un comédien montait sur scène sans avoir ni appris, ni répété le texte. Un proverbe allemand dit : « einmal ist keinmal« , une fois ne compte pas, une fois c’est jamais. Ne pouvoir vivre qu’une vie, c’est comme ne pas vivre du tout.
Kundera, l'Insoutenable Légèreté de l'Être, Picasso "nature morte"

Le hasard en amour
Tereza dit à Tomas, à propos de Z. : « si je ne t’avais pas rencontré, j’en serais certainement tombée amoureuse » (de Z.). Tomas réalise alors que, en dehors de l’amour qu’elle lui porte, il existe, au royaume du possible, un nombre infini d’amours irréalisées pour d’autres hommes. Et il fini par se dire « ça aurait pu se passer autrement ».
Kundera, l'Insoutenable Légèreté de l'Être, Picasso "nature morte"

Être mère : tout sacrifier
La mère de Tereza, deux fois divorcée, ayant constaté qu’elle avait tout perdu, cherche un coupable à ses malheurs. Tout le monde l’est, coupable. Son premier mari qui l’a mise enceinte de Tereza, son second mari qui, peut viril et bien-aimé, courre les jupes. Le seul être humain sous son appartenance, sans possibilité de s’échapper, c’est sa fille. Sa mère lui démontre que tout ce qu’elle a perdu, c’est à cause d’elle, de sa propre fille, et Tereza pense que la plus haute valeur de la vie c’est la Maternité. Que si la maternité est le Sacrifice, être fille c’est la Faute que rien ne pourra jamais racheter.
La mère réclame pour elle justice et veut que le coupable soit châtié. Elle insiste pour que sa fille reste avec elle, dans un monde où la beauté et la jeunesse ne signifie rien, où l’univers n’est qu’un gigantesque camp de concentration de corps qui se ressemblent l’un l’autre, et dont les âmes sont invisibles.
Le jour où la mère comprend que son agressivité n’a plus d’emprise sur sa fille, elle lui écrit des lettres larmoyantes, en usant du « tu es tout ce que j’ai au monde« . Tereza entend là, enfin, la voix de l’amour maternel, et lorsque sa mère lui téléphone pour lui annoncer son cancer, elle veut revenir au plus près de cet amour. Tomas, qui apprend la nouvelle, demande l’accès au dossier médical et s’aperçoit que la mère de Tereza n’est nullement souffrante.

Kundera, l'Insoutenable Légèreté de l'Être, Picasso "nature morte"
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s