Woody Allen Vs Fedor Dostoïevski : Balle de Match !

Salut à tous, liseurs de l’ombre, j’me suis fais une raison à ma solitude, ne changez rien, commentez pas…
26.09, bon anniversaire Pilou, loin dans ton imagerie, là-bas !
J’avais complètement oublié de faire c’t’article, mais alors…
Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été marqué par les deux œuvres mais c’est comme si le truc avait mis longtemps à se dessiner, et maintenant, tout est clair, voilà !
Je vous livre ici ma vision du parallèle entre Crime et Châtiments et Match Point, ou comment le deuxième se trouve être le pendant cinématographique du premier.
Ou, qu’est-ce qui amène un personnage à adopter un comportement dont il n’ignore pas la torture que cela va lui infliger ?
En premier lieu de tout, rappelons que nous avons affaire à deux grands raconteurs d’histoire, es-maîtres en sociologie de l’humain et de ses pêchés mignons, n’ayant peur ni de la censure (pour l’un) ni de la répétition (pour l’autre), ni de la fiction teintée d’autobiographie précise et thérapeutique. Personne n’ignore le burlesque de la situation que vit Woody avec LES femmes (ses, ces, les, toutes ? NPDL*), et il n’est pas difficile d’apprendre que Dosto a vécu le Goulag comme une source d’inspiration (nasdrojvé).
Et pourtant, aussi bon soient-ils en habits de conteurs, on ne peut s’empêcher de voir en eux toute la faiblesse, la vulnérabilité, qui fait l’Homme perdu au milieu de ses aspirations et de ses tentations.
– Crime et Châtiments est l’histoire d’un jeune homme russe (Raskolnikov) embourbé dans des études qui l’ennuient, solitaire et taciturne, sans le sous, et passablement harcelé par sa logeuse. De plus, on apprend qu’il est physiquement assez faible, en proie à de violents maux de têtes proches d’une hallucination.
– Match Point est l’histoire d’un jeune homme anglais au matin de sa vie d’adulte, dont l’ambition est d’intégrer la société londonienne, charmeur et talentueux, charismatique même. On le voit débarquer dans la capitale sans véritable plan mais ses rencontres vont se débrouiller à lui arranger un itinéraire, une voie toute tracée vers ses ambitions.
L’itinéraire des deux garçons n’est pas le même, ne lisez pas ce que je n’ai pas écris, et au contraire, tout les oppose. A commencer par la position sociale. Mais un point les relie, un point qui les amènera à une certaine forme de radicalisme : la peur de soi, de sa nature propre, le fait de ne pas s’assumer tel qu’on est, d’avoir peur de tout perdre à cause de ce qu’on est.
Ici, je m’arrête un instant, pour mettre un poids de plus sur ce qui, à mon sens, nous pèse sensiblement. Le manque de rationalisme dont nous faisons preuve quand il s’agit de faire son auto-critique, et la facilité que nous avons de nous condamner à la première occasion (« je fais tout mal, je ne devrais pas réagir comme ceci, si seulement je pouvais prendre le même recul qu’untel, etc…) ; ça ne s’arrête pas là d’ailleurs, et l’on a vite fait d’en remettre un pavé, sur fond de « c’est trop tard pour changer, ça n’ira jamais », et tout ça…
Deux réactions à ce manque de rationalisme : l’enfermement intérieur, et la violence. Deux façons de réagir mais une seule conséquence : on se passe à côté. Et c’est précisément ce qui arrive à ces deux jeunes hommes, et là, les deux péripéties sont troublantes de similitudes : le meurtre. Bon, ça catégorise pas mal hein… on sait que ça va pas nous arriver demain.En revanche, la torture psychologique qui s’empare de leur pauvre âme en repentir nous guette tous. S’installe alors ce climat malsain et intrusif que j’ai ressenti pendant mon immersion dans ces deux œuvres : sans raison(s) je me retrouve à endosser leur peur, à me mettre à leur place et à ressentir cette flippe qui annihile tout mouvement, tout élan, un peu comme les détraqueurs qui aspirent toute la joie de l’âme de leur proie, un truc qui vous plaque au sol, vous enferme et vous laisse là, dans votre jus. (J’avais d’ailleurs écris un texte là-dessus, il y a plusieurs années, certainement à la suite des lecture et visionnage des deux œuvres, quand j’avais moi-même traversé une sale période, je m’éloigne du sujet je sais, mais vu que vous ne me direz rien là-dessus, pas même dans les commentaires, m’en fous en fait ! c’est là, pour le texte, et pour ceux qui voudraient lire de la grande poésie, cherchez la mention 2008.)
A partir de ce point, les deux œuvres n’en font plus qu’une, c’est pour cela que je parlais déjà de transposition cinématographique en début d’article. Faudrait les voir et lire, pour bien cerner le truc, bien comprendre ce que j’essaie de décrire, mais ça prend un peu de temps, et puis c’est sûrement question de « sensibilité » ou de « personnalité », ou d' »état d’esprit » (guillemets gratuits aujourd’hui, profitez-en). On n’est pas tous sujet aux mêmes angoisses, mais on a tous en commun des aspects de soi non assumés, qui nous font peur et tente de nous éloigner de notre vrai, de notre vérité. Ce que j’ai trouvé dans ces deux œuvres. Ce que j’ai ressenti à la place des deux héros. Et à la fin, balle de match.
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