Oeuvres artistiques et financement

Les artistes, les comédiens, les directeurs artistiques, les photographes, les réalisateurs, les peintres, sculpteurs, scénographes, plasticiens, danseurs, tous les administrateurs derrière, les chargés de ceci, les responsables de cela. Il faut s’imaginer tout un univers « derrière » la création, en amont parfois, en parallèle souvent, un univers qui pompe une énergie folle mais qui est indispensable à la-dite création.
 
Edit important : voir ce lien très explicatif à propos du mécénat et de sa nouvelle relation avec la culture.
 

Le financement

Dans la Culture d’aujourd’hui, créer une œuvre n’est pas gratuit. C’est une économie à part entière avec ses budgets, ses rentabilités et ses tableaux d’amortissements. Et ses subventions aussi, bien sûr. Les subventions, l’argent public quoi. A noter, à ce niveau, qu’il peut y avoir du mécénat, cela existe, pour certains artistes vernis, bien introduits par une connaissance attentionnée, localisés en moyenne ou grande ville parce qu’il faut bien que le mécène soit vu…

Et puis alors, donc, les sub. Rhalala, les subventions ! Faudrait voir les dossiers, des fois. C’est dingue. A peine si faut pas juré sur le tombeau du fils de Dieu Lui-même qu’on va porter haut et fort les couleurs républicaines de la Région ou du Département, ou de quelconque autre institution qui subventionne. Parce qu’attention, il y a des subventions façon « vache maigre » ou fin de tiroir, on vous file 1 000€ et allez voir ailleurs, merci. Bon là, y a pas de quoi se coller une banderole de la Région en fond de scène.

Mais il y a des financements plus importants, aussi. Des subventions pluriannuelle, des conventionnements à plusieurs zéro. Et si vous voulez qu’on vous les attribue, mieux vaut lire attentivement le dossier. Le dossier. Le dossier, allez le dossier hop !

La politique culturelle

Je n’en ai pas là, sous les yeux, mais en gros : en fonction du desiderata de l’institution, le projet pourra s’orienter vers telle ou telle approche, en lien avec telle ou telle autre discipline, devra tenir compte de cette actualité qui dresse les gens les uns contre les autres, et que si y a moyen faudra essayer de travailler avec des acteurs du territoire. Et c’est pareil pour les résidences d’artistes ou les contrats de co-production… tout cela discrètement introduit dans le processus de création, au moment de l’écriture ou de la pensée première, parce que si ça ne colle pas, on financera pas… L’indépendance artistique est une source qui n’en fini pas de se tarir à cause de l’argent. Le plus malheureux n’est pas qu’il faut que ça plaise au public, mais aux financeurs.

C’est une des réalités de ce monde. Tout le monde ne le fait pas, et j’en suis bien heureux. Mais faut le savoir. Comment demander aux artistes, non pas de protester, mais de décoller des réalités ? D’inventer autre chose pour demain ?

Curieux d’avoir vos réactions là-dessus, vos visions des choses et vos convictions, n’hésitez pas !!

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5 réflexions sur “Oeuvres artistiques et financement

  1. Dans bien des domaines, l’indépendance devient une notion à plusieurs vitesses. Dans l’art cela atteint même un certain paroxysme. Non seulement créer une oeuvre n’est pas gratuit, mais son aboutissement amène aussi à devoir concilier les intérêts de chacun.

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    • Merci Polina, voilà qui est sacrément bien dit : « son aboutissement [de l’œuvre] amène aussi à devoir concilier les intérêts de chacun ».

      Bon… en tant que public, j’attends de l’œuvre (et je ne dis pas de l’artiste) qu’elle soit intellectuellement autonome, financièrement équilibrée et artistiquement riche.

      En conséquence de quoi, j’admire les compagnies, groupes, asso (etc…) qui parviennent à cet état de création en respectant la valeur de l’argent (sans se rendre esclave des financeurs).

      C’est très personnel, je sais.

      Veut-on que la Culture devienne, un peu plus encore, un modèle économique rentable à TOUS les coups ?

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      • Rentable à tous les coups signifie qu’elle deviendrait grand public…au risque de tomber dans la médiocrité. Car pour plaire au plus grand nombre l’artiste doit souvent renoncer à aller au bout de son idée, quitte à ce que le résultat en pâtisse. Un peu comme les blockbusters au cinéma, qui relèvent plus du divertissement que du septième art. Qu’en pensez-vous ?

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  2. Pour moi, rentable à tous les coups ne signifie pas forcément « accepter tous les compromis ». Déjà, en étant un peu malin et rigoureux, il y a moyen de trouver l’équilibre financier sur un, deux voire trois exercices, système laissant un peu plus de marge de manœuvres me semble-t-il.

    Par ailleurs, au regard de l’exemple que vous fournissez, vous avez raison de relier grand public-grand budget. Bon, cet état de fait est constaté à tous les coins de rues, on ne prend pas trop de risque sur ce coup, ni vous ni moi.

    En revanche, ce que j’essaie d’avancer dans l’article se situe plus au niveau de la petite prod., chez les petits structures, pas franchement les mains prises dans les pinces hollywoodiennes, chez qui on cherchera plus volontiers l’authenticité (si vous voyez c’que j’veux dire) et qui cèdent trop vite aux mélopées des financements publics, en faisant la course à la sub., et qui, après ça, souffle à qui mieux mieux que c’est compliqué de faire son travail parce que les enveloppes sont maigres…

    Mais selon la plupart des artistes, comédiens, scénaristes (toute la liste déjà citée) PLUS le public, c’est bien le sens qui fait référence. C’est le fond qu’on cherche, et tant mieux si la forme est au rdv. Et même dans les choix artistiques où l’on veut privilégier la forme, alors celle-ci devient fond.

    Voilà, c’est un peu l’idée. Merci Polina de me la faire préciser ;)
    Qu’en pensez-vous ?? Avez-vous rencontré ce genre de situation au cours de votre carrière de journaliste ?

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  3. Je suis encore trop jeune pour pouvoir être en mesure de vous répondre :) Pour l’instant j’ai la chance (énorme) d’avoir une grande liberté rédactionnelle, donc aucune frustration de ce côté là. Je vous refais un topo dans 2 ans ? :)

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